Cycliste en pleine realisation dun reve

Rencontre avec Émilien Jacquelin: du biathlon au cyclisme, la trajectoire d'un champion hors normes!

Émilien Jacquelin, l’audace d’aller au bout de ses rêves

Émilien Jacquelin est quelqu’un qui va au bout de ses rêves. Quelques semaines après les Jeux olympiques de Milan-Cortina, nous l’avions rencontré aux côtés de chefs d’entreprise de la région. Il venait d’annoncer dans l’émission Stade 2 qu’il se lançait un nouveau défi : rejoindre l’équipe Decathlon CMA CGM pour tenter de devenir cycliste professionnel. Un pari osé et risqué aux yeux de beaucoup. Pour lui, il s’agissait surtout de saisir une chance incroyable de vivre un rêve d’enfant, et de ne pas avoir de regrets.

Émilien est un athlète exceptionnel. Neuf saisons consécutives au plus haut niveau mondial, une 5e place au classement général de la Coupe du monde l’hiver dernier, et un palmarès hors norme : 90 podiums mondiaux en carrière, 4 médailles olympiques, dont l’or en relais à Milan-Cortina, 5 titres de champion du monde et un globe de cristal de la poursuite.

C’est aussi un homme inspirant, par sa personnalité, sa capacité d’analyse et sa lucidité. Devant nous, il a partagé son expérience sur le maintien de la performance dans la durée et sur la nécessité de prendre du recul face au résultat immédiat, lui qui se décrit parfois comme « le plus régulier des irréguliers ».

Le biathlon est un sport d’hiver exigeant, qui allie l’endurance et l’intensité physique à la concentration et à la précision sur le pas de tir. Une discipline où le succès dépend avant tout du niveau d’engagement.

Du pas de tir au peloton : l’engagement comme fil rouge

C’est justement cet engagement qu’Émilien a choisi de remettre en jeu. Quitter, même temporairement, une discipline où l’on compte parmi les meilleurs du monde pour redevenir un apprenti dans un autre sport, c’est accepter de repartir de zéro, sous le regard de tous. Beaucoup y voyaient un risque inutile. Lui y voyait une évidence : on ne regrette pas ce que l’on a tenté, on regrette ce que l’on n’a pas osé.

Ce jour-là, face aux chefs d’entreprise, son discours résonnait bien au-delà du sport. Viser l’excellence dans la durée, analyser sans complaisance, ne pas se laisser enfermer par le résultat du jour : autant de principes que chaque dirigeant reconnaît dans son propre quotidien.

Quelques mois plus tard, la saison lui a donné raison. Après des mois de préparation intense, Émilien a pris mi-août le départ de sa première course professionnelle, La Polynormande, constamment aux avant-postes au service de ses leaders. Il a enchaîné avec le Tour du Limousin, où il a contribué à la victoire d’étape d’un coéquipier et reçu le prix du fair-play décerné par le jury, puis les Jeux méditerranéens sous le maillot de l’équipe de France, et enfin le Tour de Grande-Bretagne, au cœur d’un peloton de très haut niveau, où il a de nouveau aidé un coéquipier à lever les bras.

Un champion habitué à la victoire individuelle a ainsi découvert la satisfaction de la réussite collective : celle de l’équipier qui travaille pour que d’autres gagnent. Fin septembre, il a fait un choix fort en mettant entre parenthèses la saison de biathlon pour poursuivre l’aventure à vélo et viser un contrat professionnel en 2027.

Son parcours rappelle une chose essentielle, que l’on soit athlète ou chef d’entreprise : la performance ne naît pas du confort. Elle se construit dans la capacité à se remettre en question, à accepter l’éventualité de l’échec et à s’engager pleinement dans ce qui nous fait avancer.

Merci Émilien pour ce partage, et bonne route vers tes prochains défis.

Portrait devant le blason Besancon Business Club

Yannick Rannou — Fondateur Bikest